En 1849, Flaubert convoque ses amis pour leur gueuler la première version de la Tentation de St Antoine. Ses amis disent que c’est nul et qu’il doit tout recommencer. Il recommence tout et Flaubert change alors complètement de sujet et il trouve un fait divers dans la presse (médecin de province assassiné par sa femme). Tout partirait de ce fait divers. Il n’en garde pas grand-chose et transpose tout en Normandie.
On suit facilement la rédaction, la composition de Bovary grâce à ses correspondances. On a les 1800 pages de brouillon avec 46 pages de scénario, de plan. C’est un romancier du plan, il compose avant d’écrire. Art de la composition qui se fait par le plan.
Les premiers brouillons sont vers 50. Le premier épisode date de 51 mais il y a beaucoup de choses qui changent et qui sont gommés. « Beau deviendra bovin ». Dans des brouillons, Charles est présenté comme « beau ». Emma tombe amoureuse de lui aussi pour sa beauté bovine.
La rédaction se fait sur 4 ans et demi, en moyenne une page tous les 4 jours. L’épisode du comice agricole, c'est 3 mois de travail (« Bovary m’ennuie, j’y arriverai mais ce sera dur »).
Au début, Flaubert s’intéresse plus à l’amour et au sentiment pour ensuite dériver vers le grotesque. Amour rendu plus implicite. Effacement du lyrisme au bénéfice du grotesque. Mais Flaubert dit bien que le lecteur ressentira ce travail psychologique. Il écrit à Louise Colet « l’amour ça a été la réflexion de toute ma vie ». Fondé sur son expérience personnelle, donne une certaine validité.