Les poèmes de Mélanie et Flavie à la manière de Baudelaire


Paysage figé Célébration
Hiver où Nature, tu deviens effrayante, Dans la salle d’azur, sous l’ombre des tentures,
Ma balade en ton sein n'a rien de relaxant : Une mère en silence étreint son nouveau-né
Paysage pétrifié par un voile angoissant, Le voile qui l’enlace, en pudeur façonné,
Toute chose devient étrange et menaçante. Cache un secret plus lourd que mille forfaitures.
 
Les arbres immenses aux longues branches nues, Dandy, gueux et savant, poète et spectre austère,
Deviennent des spectres qui observent leur proie. Offrent leurs dons au seuil du premier mois échu.
Perchés les corbeaux croassant avec effroi, Mais des loups dans la foule aux prunelles polaires
Signalent ce mauvais présage malvenu. Guettent les verts bourgeons poindre en rimes pendues.
 
Cette promenade terrifiante et glaciale, Trois ombres apparaissent et posent leurs offrandes :
Inonde mes yeux puis un flot sur mes joues coulent L’amour aux dentelles par la fièvre meurtries,
Et tombent à terre, d'une chute fatale. La mort, où chantent l’air, les chairs anéanties,
 
Alors, pour éviter que ici je ne m'écroule La jarre d’or vidée sous des mains trop gourmandes.
Mes pas, de mon désir de s'échapper, se hâtent. Puis l’absinthe surgit, la transe hurle et gronde
Je reviendrai, Nature, au prochain ciel cobalt. L’enfant nu se dresse, ailé, cornu, sur le monde.
 
Flavie Fayard Mélanie By